Bons baisers de Russie volume 2 original version
4 04 2005Privet!
Kak dela ?
P. S. (pour pre scriptum) To all my friends speaking the language of Shakespeare, since I received nothing from you after my last big email, I’ve decided I would only write in french this time. Sorry! (you know what you have to do to change that situation…)
P.S. 2 (pour pre scriptum 2) Comme vous l’avez peut-être vu par le poids du courriel ( KB), ceci est un énorme texte. Vous devez me comprendre, cela fait plus de 8 semaines depuis mon dernier courriel et ma horde d’admirateurs (sic!) ne pouvait plus attendre un jour de plus. J’ai donc décidé, pour le bonheur de ceux qui ont près d’une demi-heure de leur temps pour lire un mass-mail d’un québécois russophile, d’écrire un résmé des faits notoires depuis mon arrivée ainsi que de multiples anecdotes ensoleillants mes journées а Moscou. Les grands thèmes seront la vie en résidences, les excursions, la langue russe et le tout sera complété d’une section sur les immanquables et les ‘manquables’. Pour ceux qui sont déja tannés, je vous salue en vous assurant que je me porte bien et que je suis en santé. Je me plais beaucoup ici mais j’ai bien hâte vous revoir.
Commençons si nous voulons faire autre chose aujourd’hui (vous ne pouvez éterniser cette pause-café trop longtemps, pas vrai ?)
LA VIE EN RÉSIDENCES
Au moment d’écrire ces mots, voici la constitution de l’étage sur lequel je vis : un suisse/irlandais, deux français, quatre québécois, un suisse, trois coréens, cinq américains, un moldavien, deux tchèques, deux autrichiennes, une italienne, une irlandaise et une chinoise. C’est vraiment agréable comme ambiance sauf lorsque par exemple, un américain est parti sur une brosse de 13 jours. Parlant de la boisson… imaginez juste une petite seconde l’état du salon/salle а manger lorsqu’il y a une célébration quelconque… la bière a 20 roubles n’aidant а rien… on se rammasse vite avec une salle pleine de bouteilles vides, de mégots de cigarette, d’assiettes pleines de restants de nourriture. C’est un peu désagréable de déjeuner le matin avec tout ça dans la face. Vous devriez voir la femme de ménage (communément appelée dijournaya) lorsqu’elle rentre travailler après une fin de semaine de congé. Le pire, c’est que nous n’avons qu’une grosse poubelle dans la cuisine et qu’elle est souvent pleine le vendredi…. War zone!
Cette dijournaya fonctionne sur commande et c’est un peu comme ça partout ici. Lorsque l’on veut des draps ‘propres’ (je doute de l’efficacité de sa technique de lavage), au deux semaines habituellement, on doit lui demander et le lendemain, elle cogne а toutes portes а 9h et fait une méga brassée. Elle ne prend pas d’initiative. Même chose lorsque qu’elle chose est brisé. Il a fallu que j’écrive sur un morceau de papier que le robinet de la cuisine coulait.. vous ne pouvez pas me faire croire qu’en une semaine, elle ne s’en était pas aperçut. Le jour suivant, tadam!
L’état de la cuisine ne serait peut-être pas aussi pire si ce n’était pas du fait que certaines personnes ne savent tout simplement pas vivre en commune. Après avoir cuisiné, la chose naturelle а faire est de se rammasser… c’est très désagréable d’avoir а laver sa vaisselle avant et après le repas.
Bref, la résidence est un endroit pas si mal où l’on peut pratiquer son anglais (le russe n’est pas la langue des américains…) fraterniser, boire et manger. Il y a de l’activité а partir de 7 heures chaque matin et l’heure moyenne du coucher est 3 heures pouvant facilement se prolonger jusqu’а 8-9 heures…
Passons maintenant а la partie comprenant la majorités des sorties que j’ai effectuées.
EXCURSIONS
Le premier monastère que j’ai visité se nomme Novodévichy. Ce couvent a été fondé en 1524 (pour être plus tard détruit…). Ici, les femmes nobles s’y retiraient, soit intentionnellement ou non. Dans les années 1680, la demi-soeur de Pierre le Grand, Sofia, l’a reconstruit pour s’y reposer. Finalement, en 1698, Pierre l’a emprisonnée а vie car elle était impliquée dans une rébellion queconque. On dit que Pierre a fait suspendre des supporters de Sofia par sa fenêtre pour qu’elle ne soit pas tentée de ‘brasser de la marde’. Malgré cette histoire cruelle, cet endroit est d’une beauté pure. Il faisait un froid de canard cette journée-lа et comme mes gants avaient choisi un autre emplacement que dans mes mains pour passer la journée (ma chambre pour être plus précis) je me les suis vraiment gelé en prenant des photos… le jeu en valait définitivement la chandelle. La prochaine fois, je vais aller visiter le cimetière annexé au couvent et où se trouvent les tombent de plusieures personnalités célèbres telles que Chekhov, Gogol, Mayakovsky, Stanislavky, Prokofiev, Eisenstein, la femme de Staline, etc… Il parait que ça vaut la peine. Je prends des commandes pour des photos de tombes qui vous intéressent. Ça va être comme un rally-photo а travers les morts.
Après la visite de ce couvent, nous avons vu la plus grosse armée de bonhommes de neiges sur une des rues les plus touristiques… plus de 100 êtres glacés aux différenents expressions faciales, ça effrait. Photo а venir.
Par une belle journée froide mais ensoleillée (le Soleil est rare а Moscou; il faut donc apprécier chacun de ses rayons, du plus petit réchauffant la joue lors d’une promenade matinale jusqu’au gros qui brûle le flanc pendant un repas dans la cuisine), nous nous sommes dirigés vers le Parc Gorki. L’hiver, ce parc, un genre de fête foraine pleine de caravanes abandonnées, se transforme en une gigantesque patinoire : les sentiers sont recouverts de glace et les russes s’y promènent en patin au son d’une forte musique pop. C’est dans ce genre d’emplacements que l’on retrouve une espèce rare а Moscou : le russe heureux. Il se caractérise par un gros sourire dans la face et d’une rire slave (ra ra ra), ce qui est très différent de ce que l’on voit dans le métro. Une des choses qui ma fait tomber sur le cul, ce n’est pas la glace… mais le fait que la grande roue fonctionnait! En plein mois de février! Weird!
Un des moments forts de mon voyage jusqu’а présent a été la visite de la réserve de Kolomenskoe. Pour résumer, c’est 4 kilomètres carrés de parcs et de sentiers, site de l’héritage mondial de l’Unesco. Il y a de belles églises et de vieux bâtiments datant de l’ère de Catherine la Grande. J’avoue que c’est très beau mais c’est pas la raison de mon émerveillement. Explications. Cette expédition, pendant un merveilleux vendredi ensoleillé du mois de février, constituait ma première sortie seule а l’extérieur du quartier périphérique de l’université. J’étais libre. Le fait de pouvoir m’éterniser le long de la rivière Mosckva, а regarder les canards se baigner et а éviter les gens faisant du ski de fond un peu partout, ça c’est ce qui se rapproche le plus du bonheur selon moi. J’en ai même profité pour jouer dans l’illégalité : а la recherche d’une église éloignée (maudite carte du Lonely Planet difficile а lire), je me suis aventuré très loin (а au moins 1 kilomètre de l’actuel lieu de la dite église) et j’ai même sauté par dessus une clôture entourant une montagne car il y avait une batisse de dissimulée au sommet. Je voulais voir ce que c’était, simplement. Ça n’a pas pris deux minutes que j’entendais le sifflet d’un agent de police situé dans la batisse sur la montagne adjacente. Je me sentais vraiment comme James Bond. Plus je repense a cette journée et plus je suis joyeux!
Ma première excursion а l’extérieur de Moscou s’est très bien passée. Je suis allé avec Andrei (je vous le présenterai plus tard) а Sergueiev Possad. Cette ville fait partie du célèbre Anneau d’or, une série de villes fantastiques qui ont toutes été fondées avant la grande invasion mongole. Sergueiev Possad se trouve а environ 1 heure de bus de Moscou (j’ai remarqué que le bus était un ancien bus Israelien… scary!) А un moment donné, Andrei est allé parler au chauffeur et quelques instants plus tard, il est revenu avec un sac plein de blinis préparés par sa mère. Les blinis sont comme nos crêpes sauf que les russes mettent différentes garnitures а l’intérieur; jambon fromage, miel, chou, caviar, etc. Wow! Hum! Tout ça parce que la veille je lui avais dit que jamais je n’avais goûté а de vrais blinis (on peut en acheter au supermarché que l’on fait frire). А Sergueiev Possad, comme dans plusieures autres villes de Russie, se trouve un superbe kremlin. C’est vraiment splendide. On a eu la chance d’avoir un brin de soleil cette journée-lа alors ça a suffit pour ajouter de la magie au spectacle. Nous sommes entrés dans une église dans laquelle on pouvait voir et sentir la vieillesse. Andrei m’a assuré qu’on allait retourner а cet endroit pendant un service religieux quelconque. Je veux être présent lorsque la plus grosse cloche fonctionnelle va sonner. 74 tonnes! Il paraît qu’on peut l’entendre а plus de 10 kilomètres.
Depuis que je suis ici, j’ai en effet eu la chance de visiter quelques églises orthodoxes. Je vous conseille а 100% cette expérience. Ce qui étonne principalement c’est qu’il n’y a pas de bancs comme dans les églises catholiques. L’église est vide et les gens se promènent et prient en allumant des chandelles devant leurs icônes préférés. (un icône est une peinture d’un personnage religieux important) Dans chacune de ces églises, il y a un mur rempli d’icônes а l’emplacement de Jésus cruxifié dans nos églises. L’or (ou la peinture d’or seulement) est toujours très présent, que ce soit а l’intérieur ou sur les dômes extérieurs, rendant chaque visite exceptionnelle.
La cathédrale la plus imposante est sans aucun doute la cathédrale Christ-le-Sauveur. Datant de 1997, elle est la réplique exacte de celle construite de 1839 а 1883 pour commémorer la victoire des russes contre Napoléon et détruite par Staline dans sa lutte contre toute religion (en effet, а la base, le communisme est une idéologie athéiste). А cet emplacement c’est trouvé pendant 50 ans, la plus grosse piscine du monde, а défaut de pouvoir construire le Palais des Sovietes; un gigantesque batiment jonché d’une statue de 100 mètres de Lénine. Finalement, la cathédrale a été reconstruite en moins de 2 ans au coût de 300 milions $ US pour les 800 ans de Moscou. Elle ne possède pas le cachet que procure l’âge mais tant а l’extérieur avec ses immenses dômes dorés qu’а l’intérieur avec ses murs en marbre noir et ses voûtes а perte de vue, elle ne tarde pas а devenir notre préférée.
Je ne peux parler de bâtiments fameux de Moscou sans glisser un mot sur les 7 soeurs de Staline dont la plus imposante est MGU (prononcé emguéou), l’université d’état de Moscou. Ces immenses constructions sont visibles d’un peu partout dans la ville et sont presque effrayants. Je suis rentré а l’intérieur de MGU en utilisant ma carte étudiante de mon université (c’est illégal mais si les gardiens sont trop caves pour s’en apercevoir, c’est pas de ma faute…). Sa taille, sa majestosité et son histoire lui confèrent un cachet difficilement descriptible. You have to be there to see and feel it.
Maintenant, parlons de quelques SPECTACLES auxquels j’ai assisté jusqu’а présent.
Avec 3 américains de mon étage, je suis allé dans un petit bar qui а première vue semble miteux : l’enseigne doit mesurer 20 x 10 cm et il faut descendre dans le sous-sol… Finalement, j’ai été agréablement surpris. Lambiance était très russe et conviviale. L’artiste était vraiment artiste. Il jouait des tounes avec son synthétiseur sonnant très ‘cacanne’. Très talentueux. LE moment : non je ne regrette rien d’Edith Piaff. Avec une voix russe, ça torche vraiment! Avec des québécois de l’autre corpus (il y a deux bâtiments de résidences), on a chanté а s’en déchirer les cordes vocales.
Mon premier vrai spectacle d’envergure a eu lieu au Palais du Kremlin. Ce n’est pas la plus belle batisse de Russie! C’est а cet endroit qu’avaient lieu les rassemblements communistes а l’époque soviétique. Le ballet Casse-noisette, qu’il soit joué а Moscou ou au Québec, c’est toujours un bon show. Pour 100 roubles, j’étais assis dans le ‘pit’ et donc, j’avais une excellente vue. А l’entracte, tout le monde s’est entassé dans la salle de réception…. ayoye! J’ai rarement vu une foule de cette envergure concentrée comme ça.
А chaque heure, dans le jardin du Kremlin, les gardes protégeant la flamme éternelle (symbole commémorant la victoire contre les fashistes) se font remplacer car ils doivent rester immobiles dans leur cage de verre d’un mètre carré. Une foule se masse а cet endroit а chaque fois pour une raison : c’est impressionnant. Un rituel très formel et mécanique : ils marchent comme des robots en levant les jambes а l’horizontal. Beau défi lorsque le sol est recouvert de glace et qu’il vente!
Andrie, sa mère et moi sommes allés voir un spectacle au théâtre de la comédie musicale de Moscou. Je ne connaissais pas la pièce mais j’avais un traducteur privé а mes côtés. Première rangée, billet gratuit (Andrei m’avait donné le billet de son père qui n’avit pas pu venir pour cause de maladie) et un petit orchestre de 7-8 personnes а 3 mètres de moi. Violons, violoncelle, contrebasse, piano, carinette, flûte et chef d’orchestre. Ça rajoute vraiment une touche d’authenticité.. c’est ultra cool! Pour ce qui est de la pièce, je ne m’y connais pas en chant mais je sais reconnaitre une prestation sans faille quand j’en vois une. La performance des comédiens, dont le personnage principal ayant plusieurs gros rôles très demandant, était а se tirer dans les murs. Définitivement un moment а retenir. Je vais revenir а ct endroit car j’ai cru voir une affiche pour le spectacle My Fair Lady, et je connais une gang de folles а Québec qui aurait bien aimé voir cette prestation.
Bien évidemment, comment parler de concert sans parler du Bolshoi ? Je suis allé voir un classique Pouchkine, Eugène Onéguine, en opéra. Honnêtement, j’ai été déçu en entrant dans la salle; elle m’a parut plus petite que ce que j’avais imaginé. Autre point négatif, comme c’est un vieux building, le système de ventilation est dans un état permanent d’inexistance : inconfort total! Par contre, je dois avouer qu’il y a quelquechose de magique avec les 6 balcons et le méga lustre. Très étincellante comme salle avec tout ce simili or et ces imitations de chandelles. Une chose remarquable а propos du Bolshoi : la scénographie. La scène est tellement large et profonde que lorsque les 100 personnes du choeur sont arrivés, il y avait encore de la place pour danser, courir autour des arbres grandeur nature et près de la gigantesque cabane dans la scène de campagne du début. Malheureusement, les photos pendant le spectacle étaient interdites. Je suis allé dernièrement а l’opéra selon l’oeuvre La Dame de Piques de Pouchkine, encore une fois au Bolshoi, mais cette fois, au parterre. Je ne me suis pas fait avoir et j’ai acheté un programme. J’ai adoré parce qu’enfin je comprenais quelquechose. Je m’étais préparé en lisant la version française de Pouchkine (après avoir en vain tenté de traduire la version originale…). Wow! Seul point négatif : les /$?%? de cellulaires qui sonnent pendant le spectacles… c’est totalement ridicule! Les gens se lèvent pour aller répondre ou même répondent directement sur le siège. Le pire, c’est pendant la scène finale, avec l’émotion а son paroxisme… choeur d’hommes chantant un hymne funèbre. (sonnerie cheap ultra forte) . Argh!!!!
Pour terminer cette partie sur les concerts, je ne peux passer sous silence l’incroyable et inoubliable performance du groupe 5’nizza (prononcé piat nitssa). C’est grâce а Max Munch (un allemand qui vivait sur notre étage а notre arrivée et qui est reparti а Berlin au début du mois de mars pour aller engrosser sa blonde) que j’ai fait connaissance avec ce groupe ukrainien chantant en russe. Leur musique est un genre de reggae, ‘feel-good-music’, beat box très accrochante. Je suis allé а leur concert (ils ne sont que 2 dans le groupe) avec 2 québécois, une couple d’italiens, un russe et une autrichienne. L’ambiance était électrique! Il y avait tellement de monde que même si nous étions en arrière complètement, je me sentais comme dans la première rangée d’un show punk. On s’est fait brassé sans bon sens. Avec mes gros favoris, j’ai même passé pour John Lennon. En fait une russe m’a lancé ce commentaire alors que je me promenais dans le bar avant le spectacle. Jamais je n’aurais pensé que ça m’arriverait un jour! Peut-être était-ce le fait que nous étions le 8 mars… le jour de la femme….elles étaient un peu excitées toute la journée.
La raison de mon séjour en Russie est apprendre le russe. Je vais vous raconter un peu plus sur
MON APPRENTISSAGE DE LA LANGUE RUSSE (et des moyens que je prends pour le faciliter)
Dans les résidences, avant que l’anglais devienne la langue utilisée par la majorité, on ne pouvait pas passer une journée sans avoir а discuter en russe. C’est avec mon dictionnaire que je me présentais dans le salon et que j’essayais tant bien que mal de me faire comprendre. Je dois avouer que ça m’a vraiment aidé. J’ai même passé une soirée russe а 90% après seulement une dizaine de jours ici. Il y a certaines occasions où je ne parlais pas pour la simple et bonne raison que je ne voulais pas parler en français ni en anglais. J’espère que cet ambiance russe va revenir bientôt. Je vais instaurer un régime de terreur pour faire respecter ma volonté! Pour ce qui est des cours а l’université, ils ont commencé que le 14 février. On a décidé qu’ils seraient mieux de séparer les québécois en 2 groupes distincts : les nouveaux et les anciens. Comme ça, les nouveaux ne seraient pas trop perdu dans leur cours. J’ai toutefois décidé d’assister а un des 2 cours des anciens, question que je forme mon oreille. De plus, sans vouloir être prétentieux, je me sens un peu inconfortable dans le cours pour débutants car j’aimerais que ça aller plus vite… Comme autres cours, nous avons un cours sur la litérature russe très intéressant donné par une excellent professeure. Je ne comprends pas tout mais ça va venir. Keep the faith! Finalement, je suis dans le cours de théâtre pour étudiants étrangers. La pièce a été écrite par les professeures et est correcte. Rien а se tirer en bas des marches. Je n’ai pas un gros rôle mais je crois que ça va être bien pour ma diction russe. En plus, on va chanter 4 chansons, alors je vais pouvoir utiliser ma grosse voix de basse russe tellement plus impressionnante que la basse québécoise!
Mon autre façon d’apprendre le russe est indirecte : pour avoir ma résidence payée par le centre Moscou-Québec, je dois enseigner le français а des étudiants russes. Comme elles ne sont pas encore très bonnes (8 filles-1 gars), elles parlent souvent en russe pour comprendre. C’est excellent pour mon russe et pour mes yeux car elles ont entre 17 et 20 ans.
Insastifait de mon rendement а l’époque, j’ai pris les grands moyens : j’ai posté une annonce sur le site expat.ru spécifiant que je cherchais des russes intéressés а apprendre le français en échange de leçons de russe. Résultat : j’ai mainteant 3 mais russes. Marinan est la première qui m’a répondu. Nos rencontres se passent dans un petit café indien pas cher où nous discutons et faisons des exercices. C’est bien. Elle n’a pas encore prise l’initiative de m’inviter passer du temps avec ses ami(e)s pour que je puisse m’imprégner de la culture russe. Le deuxième s’appelle Roman t c’est avec lui que j’ai le plus de difficultés. Après 3 semaines sans problèmes, il a eu la grippe, des rendez-vous plus importants, des dates de remise de travaux, etc. Nos rencontrent se passent dans ma chambre. C’est plus ou moins productif mais peut-être que ça va changer bientôt. C’est avec Andrei que je m’entends le mieux. Il est extrêmement motivé а apprendre le français (il n’a jamais suivi de cours). Le pire c’est que des fois, j’ai l’impression qu’il est aussi, sinon plus déterminé а m’apprendre le russe. C’est parfait. Il a 24 ans et il termine ses études en neurologie. Il a vécula majeure partie de sa vie en Ukraine (ça va peut-être être mon contact pour voyager lа-bas cet été). Nos rencontres sont toujours très différentes et intéressantes : on va se promener dans la ville, on travaille au McDo, on va visiter des lieux cools (par exemple, nous avons été près du chantier de construction de Moscow-city, le nouveau quartier financier de Moscou qui comprendra en autres le plus haut gratte-ciel du monde, 680 mètres). Malgré son horaire très chargé, il trouve toujours un trou pour nos rencontres. Souvenez-vous de ce nom car j’ai l’impression qu’il va revenir souvent dans mes prochains messages.
///*** Pendant que j’y pense, j’ai une annonce très importante а vous faire. А partir de maintenant, vous ne recevrez plus de gros courriels comme celui-ci. En effet, je vais utiliser mon blog (web log, journal électronique) qui se trouve а l’adresse moscolivier.blogspot.com Vous pourrez m’écrire des courriels et aussi émettre des commentaires sur les publications que je ferai beaucoup plus fréquemment. ***///
Ouch! Je suis tanné! Je vous assure qu’avec mon blog, la transmission de mes histoires se feront de façon plus fluide. Je n’aurai plus а passer 2 semaines pour écrire un résumé de 8 semaines de vie а Moscou. Pour finir, je vais vous parler des choses qui vont me manquer а Québec et d’autres que je serai content de laisser en Russie.
WHAT I’LL MISS
- les kiosques : partout dans la ville se trouvent de petites remorques ouvertes pour la plupart tous les jours (certains même 24h sur 24h!) On peut y acheter de tout. Des CD, des T-shirts, des patisseries, de la bière, des cellulaires, etc. C’est génial! Il n’y a rien de mieux que de savourer une bonne patate au four chaude а l’extérieur après une longue marche par temps froid….
- les bars : bien que je ne suis pas allé très souvent dans ceux-ci, le fait qu’ils soient ouverts toute la nuit facilite beaucoup la planification de la soirée. On a jamais а se demander si le bar va être ouvert quand on va arriver la-bas. Les prix sont sensiblement les mêmes qu’au Québec mais la grosse différence est la présence de prostituées dans la plupart des établissement. Par exemple, le Boar House est réputé pour contenir une majorité de filles de joie certains jours de la semaine. Il faut faire attention а qui l’on fait des beaux yeux!
- le métro : j’en avais entendu parler au Québec mais je ne pouvais vraiment le réaliser. Premièrement, les stations les plus vieilles sont de vrais palais. Chacune d’elles a son propre style, ses monuments, ses statues, ses motifs, etc. Ce qui me plaоt le plus, c’est son efficacité. En moyenne, on n’attend jamais plus de 2 minutes entre chaque train. De plus, la ville est presqu’entièrement atteignable en métro. Jamais plus de 15 minutes de marche. Vous pouvez facilement trouver une carte du métro. Ça vous donnera un idée du fun qu’on peut y avoir lа ! En passant, je reste а 5 minutes de marche de la station Novoslobodskaya.
- les péréhods : ce sont des passages souterrains permettant de traverser toutes les grandes artères de Moscou. Comme les moscovites conduisent très dangereusement, on est très content de voir l’affiche d’un péréhod pas loin. La sécurité avant tout! J’ai pas l’intention de mourir dans une rue de Moscou. Dans ces péréhods, on trouve des mini kiosques offrant encore une fois une panoplie de produits divers. J’adore m’acheter une bière et un sac de chips а 1 heure du matin au chaud dans un péréhod en pleine tempête de neige.
- l’alcool : je sais, je sais, il n’y a pas que ça dans la vie mais vous devez me concéder une chose, et c’est le fait que c’est complètement hallucinant de pouvoir acheter 5 bouteilles de 500 ml d’une bière se comparant facilement а une boisson de monsieur Molson pour la modique somme de 100 roubles, soit moins de 1$ chacune. Par contre, toutes les bières importées, genre Heineken, Carlsburg (!), Guiness, sont au même prix qu’au Québec. Pour ce qui est de la vodka, encore une fois, on peut acheter 500ml de la plus cheap pour 50 roubles au supermarché. Je ne vous garantis pas un lendemain en super forme mais au moins, vous ne regretterez pas d’avoir flamber votre paie…
- les taxis-gypsies : s’il est tard la nuit (le métro ferme а 1h et ouvre а 5h30 ce qui qui laisse un 4h30 sans métro…), on peut toujours faire signe а une voiture et si le conducteur va dans la même direction que vous et qu’il est désireux de gagner quelques roubles, il vous fera un lift. C’est pas garanti qu’il atteindra le lieu désiré mais а chaque fois, cela vous procurera un plaisir fou.
- la nourriture : vous me connaissez, je suis un bon mangeur. Quelle ne fut pas ma joie de voir que je pouvais manger а toute heure grâce а ces merveilleux kiosques! Mes mets favoris : les pelmenis (un genre de raviolis très russes que l’on mange avec du poivre et de la sauce soya) et les fameux blinis. Je vais changer de sujet car j’ai de la difficulté а composer mon courriel lorsque je pense а la bouffe…
- les livres : pour aucune raison connue, les livres russes sont extrêmement pas chers même s’ils sont d’excellente qualité. Par exemple, pour 250 roubles, j’ai acheté un dictionnaire Russe-Français 200 000 mots avec couverture rigide. C’est l’idéal pour apprendre le russe : pour le prix d’un livre au Québec on peut acheter 4 ou 5 livres de grammaire.
- les SMS : c’est comme ça qu’on appelle les messages écrits que l’on peut écrire sur nos cellulaires. C’est comme des petits courriels que l’on peut s’écrire а tout moment de la journée. (eh oui, je me suis acheté un cellulaire parce que l’université nous faisait payer pour avoir un téléphone dans notre chambre. J’ai sorti mon bacc en math et j’ai calculé que c’était beaucoup plus avantageux de faire l’acquisition d’un joli Motorola C116 bleu marine)
WHAT I WON’T MISS
- les marches de péréhod : je sais pas а quoi les ingénieurs civils ont pensé lorsqu’ils ont mis des marches en pierres lisses avec un léger angle vers le bas. Le pire, c’est que les femmes russes, les belles, se promènent avec des ‘bottes de saloppes’ avec des talons de 6 pouces et elles tombent moins souvent que nous, étrangers avec nos grosses bottes avec semelles full-hytech-don’t-slip-on-ice-except-in-Moscow.
- les babouchkas : se sont de vieilles femmes que l’époque soviétique a ravagées et qui vendent toutes sortes de gogosses dans les entrées de métro et de péréhods. Je me sens cheap de ne rien leur acheter mais je crois que ça fait partie de la ‘carapace’ qu’il faut inévitablement se créer ici. Surtout au métro. C’est incroyable la dureté des visages dans le métro. D’un bonheur incommensurable je m’emplis lorsque dans une journée, je croise le regard d’une personne et qu’elle me répond avec le sourire.
- les putains de cellulaires : je crois qu’ils ont une place très grande dans le mode de vie des russes. Jamais, au Québec, un professeur tolèrerait qu’un élève sorte de son cours pour aller répondre. Ici, si les étudiants sont un peu tannés, ils se mettent а écrire а leurs amis. C’est une très grande marque de respect….
- les toilettes : je crois que j’ai une théorie : les Russes chient moins que les Québécois. Voici les fondements de mon argumentation : ici, lorsqu’ils y a des toilettes chimiques, et elles sont rares, ont doit payer pour y aller. On paie а la babouchka qui vit dans la toilette aménagée а côté et voilа! Pour 10 roubles, on a le droit de faire pipi! C’est la même chose dans la plupart des endroits publics. Si par chance, vous trouvez une toilette gratuite, dites-vous que ce n’est pas de la chance puisque la qualité y est pour quelquechose…. un trou dans le plancher, ça s’appelle encore une toilette?
- les ohkranis : je n’aime pas mais ça me fait rire quand même. Moscou doit être la ville la mieux protégée… а chaque endroit où vous allez, un agent de sécurité en veston cravate et avec des souliers pointus (définitivement, les hommes russes sont pas chanceux d’avoir а porter ce genre de souliers pour être а la mode…) vous surveillera. Même pendant le spectacle de 5’nizza, il y avait un ohkrana qui attendait debout sur le stage. Dans notre résidence, ils sont toujours deux а écouter la télé et а barrer la porte de 1h а 5h30 et а bourrasser toute la journée. Je les comprends un peu d’être bougons mais c’est aussi ça la vie… ** ceux qui ont des commentaires а formuler par rapport а cette blague douteuse, vous pouvez rejoindre un agent du service а la clientèle russe qui se fera un plaisir de vous répondre avec le pire air de boeuf et le moins de gentillesse possible **
- boissons gazeuses : mais où se trouve le pétillant que j’apprécie si tendrement dans le Pepsi ? Pourquoi toutes les boissons gazeuses deviennent ‘flat’ après 5 minutes? Why??? Quand le pepsi après un spag ne fait pas rotter, il y a des graves questions а se poser.
- le chauffage : l’hiver, tout est surchauffé et je sais pourquoi. Il y a une alliance secrète avec la société de chauffage et le trust de la crème glacée… les russes ont chaud et mangent de la crème glacée même en hiver, même dans les kiosques а l’extérieur. Pourquoi ne simplement pas baisser le chauffage ? Pour faire tourner l’économie vous me direz. Seul Poutine le sait.
- les stationnements : partout dans la ville de Moscou, on peut se stationner sans payer. Si ta voiture rentre dans l’espace que tu vois, soit en diagonal, soit en parallèle, soit sur le trottoireéé let’s go Dimitri! Ça occasionne des fois des situations assez bordéliques où il vaut mieux regarder les voitures de luxe de plus loin. (J’ai jamais vu autant de BMW, d’Audi, de Mercedez de ma vie!)
Comme vous avez pu le constater, la fin de mon récit a été redigée très rapidement puisque je ne pouvais attendre une journée de plus avant d’envoyer mon message. Si vous avez des questions, vous pouvez utiliser le site moscolivier.blogspot.com ou bien m’envoyer un courriel au
rousky [dot] oliver [at] gmail [dot] com
(où j’ai maintenant un inbox de 2 GB alors lâchez-vous lousse dans les photos… ![]()
Je vous dis а très bientôt!
Paka!
Olivier
xxx
Salut Mister! Très interessante tes nouvelles!!!J’ai ris plusieurs fois en lisant ton texte juste en mettant des images dans ma tête! Je me disais justement cette semaine qu’on devait etre sur le point de recevoir des nouvelles fraiches de ton merveilleux périple!!!
Faut que je te dise que pendant que tu apprend le russe, le francais change! Maintenant ce n’est plus des après-midi mais des après-midis de plus tout les chiffre prend des traits-d’unions, dîner devient diner et plusieurs autres que je me souvient pas sur le coup!!!
Merci beaucoup de tes nouvelles c’est très apprécié.
Bonne suite de voyage! et on a hate au prochaines anecdotes!
J-F
Salut Olivier !!
Après 2 mois (on est le 2 juin), je me suis enfin décidé à avoir le temps de lire Bons baisers de Russie Volume 2. En tout cas, j’ai ri !! L’histoire des toilettes payantes, entre autres, et du pepsi qui fait pas roter…
Je suis bien contente de constater que tu as continué à écrire tes aventures ici. Je vais pouvoir m’y remettre demain et me mettre au courant de ce qui t’es arrivé d’autres depuis.
Je te réécris demain pour te donner de mes nouvelles.
Marise xx
Des bars ouverts toute la nuit!
+1 encore! hahaha
ça a l’air vraiment bien. dépaysant…
@Petite fille: je vois que tu aimes l’alcool…
Alors la Russie et ses alcooliques est faite pour toi 
me demander si j’aime l’alcool c’est comme me demander si j’aime respirer! Ou si j’aime la moustache de Staline! tsé!
Hahaha
bonjour, j’ai trouvé cecbillet fort intressant
je me demandais pourquoi cete précision : “je doute de l’efficacite de sa technique de lavage” …
je te souhaite june bonne continution !
@Compositeur: Une fois lavés, les draps ressortaient d’un blanc artificiel très louche… j’imaginais la dijournaya mettant les draps dans un gros bac d’acide en riant de façon psychédélique