Acide sulfurique
21 04 2008I’m on fire!
2 jours. Amélie Nothomb (2005) et son Acide sulfurique, aux éditions Albin Michel, n’y a vu que du feu.
Dans un futur pas si lointain, une chaîne de télé décide d’étirer l’élastique en créant une série de télé-réalité dans laquelle les participants (non-consentants) vivent dans un camp de concentration. Les travaux forcés. La bouffe insuffisante (tant en goût qu’en quantité). Les kapos. La violence. La mort. Dachau ou Buchenwald, version 21ème siècle.
La seule différence: les caméras.
On suit pendant 192 pages (trop peu) la lente mort de Pannonique, rebaptisée CKZ 114, sous l’oeil indiscret des téléspectateurs. Et ils sont plus nombreux que jamais à suivre sans relâche l’humanité frapper le fond du baril…
Définitivement un roman plein de potentiel, mais affreusement trop court. On ne s’attache pas aux personnages, ni aux relations entre eux. Un travail bâclé. Cependant, peut-être était-ce dans le but de déhumaniser les personnages, comme les camps de la deuxième guerre ont si bien su le faire. Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir pris un temps pour construire ces personnages au préalable? La déconstruction n’aurait été que plus intense.
Par contre, l’idée maîtresse est très intéressante et pousse à la réflexion. Que recherchent les spectateurs des télé-réalités? Est-ce seulement le divertissement? Nothomb, en allant à l’extrême, démontre le grotesque de la situation. À qui la faute? Wilfred et Grégoire? Péladeau et Virginie Coosa? Les spectateurs?
Cessons d’agir en hypocrites.
Occupation Double recommencera un jour et il sera le temps de passer aux actes.
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Tags : concentration, Nothomb, télé-réalité, voyeurisme
Catégories : Effeuilleur public
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